L’offre légale

05.10.2012

Vous êtes très nombreux à évoquer, suggérer des évolutions possibles pour l’offre légale.

Selon vous :
- quelles modifications doit-on y apporter?
- comment doit-elle évoluer?
- qu’est-ce que pourrait être une offre juste et attractive?




les réponses et réactions

  • jacti le 22.10.2012 à 0 h 14 min

    Pour être attrayante, l’offre légale doit respecter, au minimum, les critères suivants :
    - Guichet unique et non éparpillement sur des centaines de sites avec un label « PUR ». Ceci peut se faire à l’aide d’agrégateurs
    - PAS DE DRM; Mais je crois qu’absolument tous les internautes sont d’accord là-dessus
    - Je dois être propriétaires du fichier que je télécharge (je dois disposer PHYSIQUEMENT sur mes machines du fichier. Donc pas de « cloud »). Je peux donc le copier à loisir sur mes différents appareils (on paie d’ailleurs une taxe sur les supports pour cela !), le revendre d’occasion, etc.
    - Mettre fin à la chronologie des médias qui est une idée absurde et encourage le piratage. Non pas l’aménager mais l’ABOLIR. Si cela n’est pas fait, le piratage ne pourra jamais être enrayé.
    - Encoder les œuvres dans différents formats (compression avec perte, compression sans perte, non compressé) mais lisibles sur toutes plateformes et environnement (interopérables) : Linux, Mac OS, IOS, Androïd, Windows, etc. Évidemment, suivant la qualité, le prix peut varier mais les formats de qualité minimale doivent être beaucoup moins chers que leur équivalent « matériel » (CD, DVD, qui vont disparaître, de toute façon, à court terme).

    quaeto3o le 15.10.2012 à 18 h 21 min

    (désolé pour le post double, la limite de 5000 chars est franchement pénible)
    Formats
    Les formats ouverts sont la meilleure option pour la couverture maximale du parc. Formats ouverts et technologies libres sont synonymes d’indépendance. Enfin un format ouvert implique généralement un logiciel de lecture gratuitement disponible (pas de vente forcée). Trois objectifs : couverture maximale du parc Français, coûts de production et indépendance technologique des vendeurs et des auteurs.
    Catalogues
    Il y a quelque chose comme 3 millions de vidéogrammes d’après les auditions il y a au mieux 9000 titres disponibles dans l’offre légale accessible en France, ça fait du 0.3%. A titre de comparaison il y a 4.3 millions d’entrées dans la catégorie « DVD » d’un moteur de recherche « pirate »… Si l’offre légale veut exister il lui faut fournir un catalogue qui tienne la comparaison. Si je veux acheter de l’ancien ou de l’international, l’offre légale n’en vend pas.
    Et c’est pire pour la musique : miniums garantis, prix à l’écoute imposé, ingérences dans la gouvernance du marchand en ligne. Le législateur pourrait intervenir en créant des conditions plus favorables (guichet unique, encadrement des conditions applicables à l’accès aux catalogues)
    Qualité
    C’est un comble : les sites illicites proposent des fichiers en HD (1024p parfois plus) avec VF , VO et sous-titres, encodés dans les meilleurs codecs livrés dans les meilleurs formats avec toutes les métas-données parfaitement renseignés. Tandis que les vendeurs légaux se contentent de nous fourguer un fichier mal encodé (un redu final à vomir avec artefacts, désynchronisation du son et autres joyeusetés) parfois en très basse définition (un film récent m’a été proposé en 320p) uniquement en VF (la présence d’une VO réelle est plus que très rare) rarement ou mal sous-titré (coquilles, dialogues raccourcis , le tout en incrustation) et sans jamais la moindre métadonnée.
    La très haute résolution 4048p (ou 4K) à 48 images/secondes est déjà présente chez les particuliers les mieux équipés, et la très vaste majorité du parc gère le 1024p à 60 images/secondes sans moindre soucis. Et il y a encore des gens pour vendre du film récent en 320p ! Je parle ici du cinéma, la même critique peut être faite pour la musique : codecs, formats et méta-donnés sont généralement de meilleure qualité en pirate qu’en légal.
    Voilà, pour les courageux qui m’ont lu jusqu’au bout (bravo) les quelques conseils (gratuits) que j’ai à donner aux vendeurs de culture en ligne. Une chose est sûre toutefois : je n’achèterais jamais chez un vendeur qui ne respecte pas ce socle minimal : Pas de DRM et fichier d’une qualité minimale.

    quaeto3o le 15.10.2012 à 18 h 21 min

    Pour ceux que la prose ci dessous rebute, je résume en quelques mots : respect du client & qualité
    Je n’aborderais ici que la vente de fichiers, les offres de location (forfaitaire ou à l’acte et les abonnements) ne constituent pas à mon sens de modèle viable. Je ne vois pas comment constituer une alternative au téléchargement illicite sans que l’internaute obtienne de fichier pérenne. C’est un peu la fameuse bibliothèque personnelle dont d’autres parlent.
    Voici donc un petit détail des principaux gisements d’amélioration que je perçois dans l’offre légale :
    Abandon total (interdiction) des DRM
    Ajouter artificiellement de la complexité (et des pré requis) aux problèmes de la vente en ligne ne va certainement pas aider. De mon point de vue un vendeur avec DRM est un vendeur qui ne veut pas vendre. C’est le problème de l’indépendance du vendeur de fichiers vis à vis du vendeur de Virus/DRM/Menottes. Et le DRM constitue une intrusion du vendeur dans l’informatique du client.
    L’enjeu est ici double : mettre un terme à l’intrusion (légale certes, mais injustifiable) des vendeurs de fichiers dans l’informatique de leurs clients. Et surtout garantir l’indépendance technologique de ceux ci et des auteurs face, d’une part, aux vendeurs de DRM et d’autre part aux vendeurs de matériels (qui imposent très souvent leurs DRM). Un des précédents commentateurs signalait le cas « 1989″ dois-je rappeler ici qu’un des principaux vendeurs de matériel s’arroge le droit de retirer de ses canaux de distribution les œuvres qui lui déplaisent ? Enfin à ma connaissance aucun DRM n’a jamais tenu longtemps…
    Prix décent
    Un fichier coûte moins d’un centime à dupliquer, si on y ajoute les droits d’auteur (et assimilés) et la marge du vendeur la vente d’un fichier ne devrait pas être comparable au physique. Lorsqu’on achète au morceau un album de musique on paie à peu près 1€ du morceau un album qui en compte entre 15 et 30 et qui est vendu entre 7 et 20 € en physique. Même constat pour les séries, pourquoi payer entre 3 et 5€ la location d’un épisode d’une série de 12 quand la boite de DVD est à moins de 20 en physique… Souvent le dématérialise reviens plus cher à la location que l’achat en physique, alors que les coûts du dématérialisé livré chez le client final sont un à deux ordres de grandeurs inférieurs au physique. J’ai la vague impression d’être pris pour un pigeon…

    la suite au prochain post, la limite de 5000 char est vraiment pénible…

    arts2vivre le 12.10.2012 à 10 h 49 min

    Je partage les avis des deux commentateurs sur le sujet.

    J’insisterais sur le fait que les monopoles et la non interopérabilité mise en oeuvre actuellement nuisent réellement à l’offre légale.

    Les prix des oeuvres également sont parfois prohibitives. Si Internet a créé une culture de la gratuité, on ne pourra l’enrayer qu’avec des tarifs adaptés et non pas au même tarif que des oeuvres physiques puisque les internautes investissent déjà dans du matériel (ordinateur, tv, disque dur) et une connexion. La différence de prix doit donc être visible pour les acheteurs.

    Le succès de l’illégal Mégaupload, qui a tout de même démontré que les internautes étaient prêts à payer « au forfait » leurs téléchargements, tenait au fait de la diversité de l’offre (multiples types de fichiers, multiples catalogues, possibilité de télécharger et de de consulter en streaming) et au prix (même s’il ne tenait pas compte de la rémunération réelle des créateurs) attractif.

    Dans le cadre audiovisuel, il faudrait également, mais là c’est encore compliqué, distinguer « cinéma » et « télévisuel ». Le grand succès du téléchargement (illégal) de séries tv par exemple tient 1- du fait que les internautes veulent pouvoir en disposer dès leur sortie dans le pays où la série est diffusée (et non pas avec un décalage de plus d’un an sur les chaînes françaises et pas toujours en version multilangue, n’est-ce pas France Télévision?) 2- qu’ils ont du mal à payer pour quelque chose qui est diffusé gratuitement à la TV et qu’ils pourraient enregistrer (sauf qu’ils n’y ont pas pensé, qu’ils étaient en réunion au moment de lancer l’enregistrement, bref, je laisse faire votre imagination).

    Voilà les premiers points qui me viennent à l’esprit, du côté usages plus que techniques, parce que je vois que yt75 est bien plus calé et pertinent que moi de ce côté.

    drizzt2511 le 08.10.2012 à 12 h 35 min

    Je plussoie yt75 en effet, il est important que l’utilisateur soit « propriétaire » des oeuvres et qu’il n’ait pas à acheter régulièrement la meme oeuvre sur un support différent (VHS, DVD, iPad, etc.)
    De plus le fichier doit appartenir à l’utilisateur et ne pas être stocké chez le fournisseur afin de prévenir une éventuelle faillite et donc la perte des fichiers ou un problème comme « 1984″ et amazon (Amazon a vendu une version électronique de 1984 sans en avoir les droits, amazon a donc procédé à la suppression à distance sur les kindle de l’oeuvre… Je vois bien des pompiers venir bruler une version photocopiée de « farenheit 451″)
    Le but étant d’obliger l’interopérabilité !
    Ce posera la question de la revente ou de la session via un héritage, mais personnellement je ne suis pas opposé à ce que seul le conjoint bénéficie gratuitement de la session.
    L’offre légale devrait également avoir plus de nouveautés rapidement et ne pas proposer que le streaming ceci afin de penser aux gens sans très haut débit (canalàlademande est génial pour ca) ou qui n’ont pas l’opportunité d’aller au ciné (trop loin, enfants en bas age, etc.)
    De la même façon, entre la série qui passe gratuitement à la télé et en rattrapage et ensuite 2 à 5€ pour un épisode en VOD valable 24H il y a le sentiment de se faire voler (surtout quand les 24 épisodes en DVD sont à 20€) Ou alors quand Disney choisit d’arreter de vendre « le roi lion » ou (actuellement) « la petite sirène » pendant 5 à 10 ans….

    consultantnumerique le 07.10.2012 à 13 h 45 min

    @yt75
    La notion de bibliothèque personnelle semble être au coeur de votre vision.

    Que voulez-vous dire par « bibliothèque personnelle » ?

    yt75 le 06.10.2012 à 12 h 53 min

    Pour apportez une vrai plus value utilisateur à acheter par rapport à pirater, l’offre légale doit être :
    - atawad (any time any where any device) : si j’ai acheté ça, ça marche et puis c’est tout, je ne m’occupe d’aucun fichiers
    - cela implique de passer d’une approche « fichier et copies » à une approche licence
    - cela implique aussi que la bibliothèque personnelle d’un utilisateur ne soit sur aucune machine en particulier (dans le cloud si vous préférez pour faire mode)
    - l’environnement correspondant ne doit pas être monopolistique
    - la confidentialité des bibliothèque personnelle doit être expressément garantie.

    De la avant tout un besoin de séparation des rôles entre :
    - organisations maintenant les bibliothèques personnelles (que références et licences, pas de copies)
    - organisations et personnes créant, éditant (sens éditeur de livre ou musique), vendant, diffusant (sens hosting) les oeuvres.

    Un peu plus développé dans le texte ci dessous (2007) :
    http://iiscn.files.wordpress.com/2011/03/copies_licences.pdf
    Ou post :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/

    A noter que cela correspond plus ou moins à ce que met en place google play, Amazon, ultraviolet, itunes, en mode « monstre vertical » plus ou moins monopolistique.

    Et il peu aussi y avoir en parallèle les offres d’abonnement à catalogue (du type spotify).
    Mais très probablement essentiel qu’un environnment d’achat à l’acte et « à vie » existe aussi si l’on veut que l’offre légale se développe vraiment.

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