L’offre légale

05.10.2012

Vous êtes très nombreux à évoquer, suggérer des évolutions possibles pour l’offre légale.

Selon vous :
- quelles modifications doit-on y apporter?
- comment doit-elle évoluer?
- qu’est-ce que pourrait être une offre juste et attractive?




les réponses et réactions

  • ldebrot le 29.11.2012 à 16 h 50 min

    Deux remarques à propos de l’offre légale:

    - en matière de Vidéo sur demande, l’offre légale est sous-développée. Il est aujourd’hui plus facile de trouver un film VO en streaming ou de commander un DVD d’occasion que de louer une vidéo en ligne. Ce n’est pas un problème technique. C’est dû à un dysfonctionnement juridique (et, par-là, politique!!). Mettre en place une autorité pour lutter contre le piratage, sans pour autant s’assurer qu’une alternative légale et durable soit en place… Bof! Amazon, Netflix et Cie n’attendent qu’à sauter dans la brèche pour répondre à cette demande. Et encore une opportunité ratée pour les entreprises numériques françaises… Sans parler de la non-existence de films en VO (c’est une réelle demande aussi en France). En 2013, c’est simplement pathétique!

    - la dématérialisation des contenus contribue à la dépossession du consommateur à long terme. La possession devient temporaire (location) et fictive (déperdition des DRM avec la disparition des systèmes de support…). Ironie du sort, l’auteur ET le consommateur sont dépossédés.

    depassage le 20.11.2012 à 18 h 43 min

    une réaction au propos de drizzt2511 concernant une potentiel médiathèque virtuelle personnelle :
    on peut « hériter » de divers œuvres culturelles de ses ascendants. Pour quoi ne serait-il pas possible aussi avec des œuvres numérisées. De plus, on peut très bien donner une œuvre à des membres de sa famille (en cadeau par exemple), des amis, ou la bibliothèque de sa municipalité. Pourquoi en serait-il autrement avec une œuvre numérisée ?
    Enfin, il me semble que légalement un mineur n’est propriétaire de rien. Comment pourrait-il avoir une médiathèque virtuelle ? Ses tuteurs sont légalement propriétaire me semble-t-il. Et dans le cas d’enfant issu d’un couple divorcé, les deux parents devraient-ils posséder la même œuvre culturelle pour que l’enfant puisse en profiter quand il se trouve chez un de ses deux parents ?
    La notion de propriété serait donc à revoir complètement, tout comme le droit des personnes mineures….

    entrepreneurnumerique le 17.11.2012 à 18 h 44 min

    @yt75
    @morigan
    @createurnumerique

    pour l’effet pédagogique, celui-ci pourrait bien venir du coté des entreprises.

    Les entreprises qui utilisent du contenu recueilli sur internet (par exemple des articles de journalistes pour une veille économique) doivent sensibiliser leurs collaborateurs au respect du droit d’auteur lors de l’utilisation de leur informatique : le risque qu’une entreprise prendrait en utilisant indument des propriétés intellectuelles de tiers (ou plus exactement les collaborateurs inconséquents qui leur sont subordonnés) est moins juridique que commercial (contrefaçon mais également parasitisme et concurrence déloyale).

    Et s’il est averti/formé, quel salarié se risquerait à enfreindre le droit d’auteur dans le cadre de ses activités ?

    Et un salarié est également un « consommateur »…

    yt75 le 15.11.2012 à 10 h 12 min

    @freichert
    D’accord sur les formats, mais je pense que cette problématique de formats est un peu trop montée en épingle, ou plutôt, on croit y voir une « solution » en oubliant un autre aspect essentiel et indépendant des formats : les problème des références des oeuvres et éditions.
    Aucune offre légale ne peut se mettre en place sans des espaces de références vraiment communs et « ouverts » (pas au sens format documenté, mais au sens facile d’obtenir des références). Les formats évolueront toujours, l’espace de référence peut lui être utilisé pour n’importe quel format.
    Et le danger aujourd’hui est que ces espaces de références deviennent eux même plus ou moins privé (à travers par exemple rachat d’IMDB par Amazon). Et puis surtout le fait que ce sujet soit en permanence évité (mais c’est d’une certaine manière une maladie générale à l’informatique).

    Sinon personnellement je ne crois pas du tout à un arrêt du piratage par « moralisation » , « pédagogie » ou quoi que ce soit, il y aura « arrêt » du piratage si :
    - vrai plus value à acheter par rapport à pirater (le cas si environnement atawad)
    - garantie de confidentialité des bibliothèques personnelles
    - environnement non monopolistique (ou réduit à deux ou trois monstres)

    Et le piratage zéro n’a vraiment aucune importance, par contre rien n’empêcherait aujourd’hui de s’en prendre aux centres de piratage, si ce n’est sans doute l’état lamentable de l’offre légale.

    morigan le 15.11.2012 à 10 h 10 min

    @createurnumerique

    Sauf que tant qu’on ne demande des concessions qu’aux usagers finaux vous pouvez engager toutes les actions pédagogiques que vous voudrez.

    Une offre est juste et attractive si elle ne donne pas envie de télécharger illégalement mais au contraire de continuer à utiliser cette offre.

    Et n’oubliez pas que
    1) Seuls les usagers légaux sont réellement entravés par les limites imposées.
    2) Un usager légal floué, c’est un futur pirate en puissance.

    Ça a été dit et redit, mais les DRM n’enouragent pas la vente, les CGU sont abusives pour les usagers, une conductions d’accès au catalogues sont abusives pour les plateformes, et tant qu’on fera pas le ménage là dedans, les pascal negres continueront de se remplir les poches en montant les internautes contre les créateurs.

    createurnumerique le 12.11.2012 à 9 h 12 min

    @freichert @picco637

    Vous avez raison. il faudrait que les deux parties se rapprochent plutôt que de continuer le combat entre l’épée et le bouclier
    - aux créateurs de concéder certains droits sur leur oeuvres ou des droits d’une partie de leur oeuvre (les moyens juridiques existent : creative commons,…)
    - aux « bénéficiaires/consommateurs/usager/exploitant » de respecter strictement les droits que ces premiers entendent se réserver

    Les moyens :
    - des actions pédagogiques,
    - un discours relayé par les personnalités politiques qui doivent se montrer exemplaires
    - des juges particulièrement sévères en cas d’usage indu à des fins professionnelles ou commerciales (sanction pénale et civile)

    freichert le 11.11.2012 à 22 h 29 min

    Je n’ai confiance qu’aux solution opensources. Les formats propriétaires changent trop souvent leur licences et commencent par vous dire ce que vous n’avez pas le droit de faire en s’arrogeant eux même tous les droits. Il m’est arrivé de payer en ligne et de ne pouvoir télécharger l’œuvre parce que je suis sous linux ou parce que j’ai bloqué les publicités. Pourtant je paye non ? Et on sait débiter mon compte sans soucis ! Enfin comme dit plus haut, quand votre bibliothèque a disparu ? Bien il ne reste que les yeux pour pleurer.
    Et tant qu’il y aura des clips me disant que je ne dois pas pirater alors que justement je me connecte pour payer, je ne me connecterai plus. Commençons par supprimer les intermédiaires et favoriser les plateformes de mutualisation, certaines pourraient très bien être légales si on les laissait exister et se mettre en conformité. Ensuite cesson de dire « légal » pour « payant ». Le gratuit peut être légal. Chaque artiste doit pouvoir choisir et la licence de publication, et le « prix » de son œuvre.

    picco637 le 06.11.2012 à 16 h 22 min

    @consultantnumerique:

    Je suis assez d’accord avec @rilax et je suppose qu’il pense le contraire, c’est à dire non pas de payer plus mais : pour le prix que l’on paye, nous ne voulons pas être pris pour des voleurs et nous ne voulons pas subir les pubs. Dans le cas contraire, pourquoi payer ce prix (et même pourquoi payer, si l’on considère que comme sur internet la publicité est rémunératrice!)

    picco637 le 06.11.2012 à 16 h 22 min

    L’offre légale dans le numérique :

    - quelles modifications doit-on y apporter?

    Le même catalogue que les produits « matérialisés », et même plus car il est possible par un simple scan de diffuser des œuvres littéraires qui ne sont plus éditées.
    Une offre juste et attractive, en lien avec les conditions de vente/utilisation (pourquoi payer plus cher un simple droit de lecture/écoute, que le produit physique que l’on peut prêter…)
    Aucun système anti-copie qui ne gène que la personne qui achète légalement ! (ces systèmes devraient être déclarés illégaux !)

    - comment doit-elle évoluer?

    1-TRES RAPIDEMENT afin de contenter tout le monde (sauf les éditeurs/majors peut-être).
    2-Vers un système mutlicompatible (système atawad (any time any where any device)).
    3-Soit vers des systèmes de licence globale, avec des conditions similaires à celles existantes actuellement (aucun prêt, vente, pas propriétaire du fichier…).
    Soit vers la possession du fichier numérique avec les même « garanties/possibilités » qu’un CD/livre/DVD, c’est-à-dire, le prêt, la copie privée, la revente…

    - qu’est-ce que pourrait être une offre juste et attractive?

    Dans le cadre d’une licence globale (tout compris : livres, musique, films, séries, médias) : de 15 € mini à 40 € maximum par mois pour un accès en illimité.

    Dans le cadre d’achat à l’unité :

    -soit un système de location pour une durée limitée (2 mois pour les livres, 2 semaines pour les albums de musique, 1 semaine pour les films et épisodes de série) : prix unique de 2€ par location.

    -soit par achat du fichier (comme actuellement) avec comme conditions : achat d’un « pack multi-device » avec différents fichiers compatibles sur l’ensemble des appareils, une qualité au moins équivalente à celle que l’on pourrait avoir sur un support matériel, la propriété du fichier, la possibilité de prêter, de le dupliquer dans le cadre de la copie privée, aucun système de verrouillage ne doit empêcher sa bonne lecture. Pour les tarifs MAXI : 4€ pour les films (bonus…compris), 1€ par épisode de série, 0.8€ par chanson à l’unité, 7€ par album, 8€ pour les livres qui viennent de sortir et 2€ dès qu’il est passé en poche.

    consultantnumerique le 30.10.2012 à 11 h 35 min

    @rilax
    seriez-vous disposé à payer un premium pour être débarrassé de ces spams « légaux » ?

    rilax le 26.10.2012 à 10 h 52 min

    Il faut aussi comprendre que le consommateur légal (celui qui a acheté) en a marre d’être pris pour un vilain pirate en permanence !
    Une image qui circule sur internet le résume parfaitement. Nous en avons marre de voir ces écrans qui sont impossible a zapper nous disant que nous ne devons pas pirater les films, suivi de publicités anachroniques pour des films sur les DVD acquis légalement.

    morigan le 24.10.2012 à 10 h 23 min

    Difficile d’ajouter quelque chose aux autres commentaires (notamment ceux très complets de yt75 et quaeto3o).

    En passant de l’économie de la copie à celle de la licence, un point important serait que les vendeurs de licence ne puissent pas unilatéralement supprimer l’intégralité de nos bibliothèques sans la moindre explication. C’est le syndrome steam, ou amazon, et sans doute de quelques autres. Et c’est inacceptable.

    Je vais pas acheter des licences qui peuvent partir en fumée selon le bon vouloir d’une plate forme monopolistique en vertus de CGU obscures parfois illégales.

    C’est aussi ça, le respect du client, puisque nous sommes dans des considérations économiques.

    createurnumerique le 23.10.2012 à 10 h 19 min

    L’offre légale doit être diversifiée et surtout, il faut laisser à l’auteur l’entière liberté de de décider quels droits il entend garder (et donc de commercialiser via un opérateur d’offre légale) et quels autres il entend concéder directement au public (sans passer par un opérateur d’offre légale).
    Pour des exemples de différenciation des licences, cf les licences creativecommons ou les licences Libres Savoirs ParisTech.
    http://www.creativecommons.org
    http://graduateschool.paristech.fr/index.php?id=8

    disk91 le 22.10.2012 à 17 h 09 min

    Je rejoins les différents point de vue précédemment émis sur l’important de pouvoir disposer de son achat effectuée sur les offres légales. Trop longtemps celle-ci a été laissé de coté et n’a pu démarrer du fait des barrières technologiques mises par les ayant droits. Ces barrières (DRM, lecteurs spécifique, fonctionnement uniquement sur windows) ont poussé les utilisateurs à préférer des solutions plus simples et portables telles que le fichier mp3 fait maison ou récupérés chez le voisin.
    J’aime l’idée que l’on puisse même dans l’offre légale, identifier les oeuvres que l’on puisse avoir en format CD pour les intégrer à sa bibliothèque. La notion Atawad est une chose aussi primordiale.
    Au dela de ces premiers éléments, il me semble que l’offre légale doit aussi comprendre d’autres volets telle qu’une attractivité économique en effet la dématérialisation et la vente en ligne réduit considérablement les couts de distribution et le consommateur doit le ressentir hors actuellement ce n’est pas le cas.
    Les offres de streaming sont intéressantes mais ont à mon gout un cout trop élevé pour le petit consommateur, c’est l’illimité pour tous hors je peux aussi ne souhaiter que quelques heures par mois de musique ou de video et m’y retrouver par rapport à de l’achat ponctuel. Les offres prendront d’autant d’intérêt qu’elles seront riches mais aussi multi type, la segmentation actuelle : musique ou film ou serie conduit à des abonnements multiples pour une cout total important et un prestataire globale avec une offre tarifaire adaptable à la consommation, qui plus est multi-device apporterait une solution.
    A vrai dire, je crois de moins en moins à la possession d’une copie des oeuvre et de plus en plus à la possibilité d’une location de celle-ci à la demande pour peu que mon budget reste identique et donc de quelques euros par mois seulement, pour une consommation modérée (quelques heures). Le marketing me convaincra peut etre, ensuite de dépasser cette consommation, mais l’offre actuelle c’est payez cher et passez votre temps à écouter deezer ou regardez votre TV … ce n’est pas mon mode de consommation.

    yt75 le 22.10.2012 à 0 h 15 min

    @consultantnumérique

    En effet cette notion est au cœur de ma « vision » ou proposition, et je ne pense pas qu’une offre légale puisse vraiment se développer sans cela.
    Pour faire simple, on peut dire que c’est la « liste de favoris » de chacun pour le web.
    C’est aussi ce que met en place Google en version monopolistique dans google play à l’ »intérieur » des « profils utilisateurs », ou Amazon, ou Apple, etc.
    Cela correspond aux « avoirs » numériques d’un particulier, indépendamment de tout fichier, on pourrait dire liste de licence (même si des numéros de licences pas toujours strictement obligatoire).
    Tout cela un peu plus développé dans le texte ci dessous (de 2007 …) :
    http://iiscn.files.wordpress.com/2011/03/copies_licences.pdf
    Ou là :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/

    Cela correspond aussi à passer d’un état d’esprit « fichiers et copies » à « si j’ai acheté ça, ça marche et pus c’est tout », indépendamment de la machine que j’utilise à un moment donné. Il faut donc que la liste de ces « ças » soit maintenue pour chaque utilisateur indépendamment de ses machines, et cela de dans un contexte non monopolistique garantissant aussi la confidentialité.
    On pourrait faire une analogie avec un portefeuille d’actions, que l’on peut déménager d’une banque à une autre.
    Cela nécessite donc aussi la mise en place d’un nouveau rôle, point essentiel du concept.
    Nouveau rôle par ailleurs exactement le même que celui nécessaire pour la problématique « identité sur le net » :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/06/29/idenum-une-mauvaise-idee/

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